Edgard GUEDJZL
· 1921 : Naissance Edgard Chalom GUEDJ à SETIF (Algérie)
· 1934 : Bar Mitsva en même temps que le Pogrom de Constantine et les émeutes antisémites de Sétif : Le passage à l’âge adulte se fait dans des circonstances bouleversantes. Aussi, très jeune Edgard s’attache à réunir un groupe de son âge en vue de confirmer des solidarités. Ils rejoindront en 1940 le mouvement des éclaireurs israélites pour constituer l’antenne locale de Sétif. Edgard reçoit le Totem de « Lynx Clairvoyant » et depuis le plus souvent sera nommé par le diminutif ‘‘Lynclair’’. C’est le début du parcours de toute une vie consacrée à la pérennité du judaïsme et de la communauté juive.
· 1939-1945 : Mobilisé pendant la deuxième guerre avec le statut spécial appliqué alors aux Juifs parce que de nationalité française avant la loi Crémieux.
· 1945 : Démobilisé, il s’installe à Oujda (Maroc), Ville située entre Algérie et Maroc.
Il entre en poste dans la fonction publique (Protectorat français), en même temps il réunit des jeunes démobilisés comme lui pour fonder un groupe E.E.I. local. Il y rencontre sa future épouse Georgette BENAYOUN, totem « Abeille ». Ils se marient en 1947. Elle sera son pilier indéfectible : rayonnante, discrète, efficace : elle est de ces compagnes d’exception sans qui un homme ne peut aboutir sa mission. Ils auront 6 enfants nés à Oujda, Casablanca et Paris.
· 1948 : ‘‘Lynclair’’ organise des secours lors des pogroms d’Oujda et Jerada.
· 1948 à 1950 : De Commissaire provincial pour l’Algérie il accède très vite à des responsabilités régionales puis devient Commissaire Responsable National Eclaireurs pour l’Afrique du Nord
Quelques chiffres : en 1949, les E.E.I. du Maroc sont constitués de 40 localités aux activités fluctuantes, en 1955, ils sont au nombre de 1500 dont 300 à Paris et région parisienne.
· 1948 : c’est aussi la création d’un poste de Responsable de la jeunesse à Casablanca qu’il prend en charge simultanément. Visionnaire, il pose les questions fondamentales et fondatrices :
--Comment rejoindre les enfants et les jeunes qui ne viendront jamais au scoutisme ?
--Comment accompagner cette partie de la population défavorisée qui vit à l’écart des structures, des écoles, et qui est confrontée à de graves problèmes de sous-alimentation, d’éducation, de santé, d’hygiène ?
· Années 50 : Il Joue un rôle clé dans le lancement des Unités Populaires, réussite fulgurante qui lui permettra à la suite, de créer le
DEPARTEMENT EDUCATIF DE LA JEUNEESEE JUIVE (D.E.J.J)
En effet : avec son arrivée, une synergie se crée grâce aux liens qui s’instaurent entre les responsables des institutions en place : AUI,ORT,ENH, …avec pour levier essentiel le volontariat de Responsables E.E.I. confirmés…et avec l’aide du soutien financier providentiel du JOINT .. Voici la naissance des Unités Populaires : les E.E.I déjà les plus engagés recevront des formations intensives spécifiques d’encadrement. On verra, par exemple, la réussite d’une colonie d’été d’une centaine enfants confiée à de jeunes responsables E.I. de 20 ans. D’autres talents vont émerger de ce mouvement : Instituteurs de l’Alliance, étudiants de l’Ecole Normale Hébraïque, des jeunes qui ont rejoint le mouvement.
C’est la méthode ‘‘Lynclair’’ : former des formateurs qui formeront des formateurs à leur tour,
Créer une structure qui s’épanouit, grandit, puis lui donner un nom, une fois aboutie.
Quelques résultats : on dénombre en 1955 près de 4 000 jeunes suivis,750 responsables formés, des centres de vacances, des services étudiants, des foyers socio éducatifs et l’avènement de centres communautaire repartis dans tout le pays.
· 1955 : Participation à la mise en place de la nouvelle équipe dirigeante des E.E.I, lors du Conseil National
· 1960 : Il organise les secours sur place lors du tremblement de terre d’Agadir.
Actions parallèles : dés 1955, soit un an avant la guerre de SUEZ. Eduqué dans les principes de loyauté à la nation, mais traversant des époques marquées par un antisémitisme virulent, ‘‘Lynclair’’ soutient la formation de jeunes à l’autodéfense. Par exemple : envoi en 1955 et 1956 de contingents de 40 responsables faire une session d’1 mois de service militaire en Israël (dont : Rikki, Fléole, André Rosilio, Autruche, …) 700 jeunes sont prêts à s’organiser en cas de danger.
‘‘Lynclair’’ s’investit de plus en relation avec l’action sioniste au MAROC à l’Alya clandestine des juifs du Maroc qui partent en grand nombre vers Israël. Prévenu d’une dénonciation, Il part seul en 1961 pour la France (sa famille arrivera en 1962) puis deux responsables du staff le rejoignent (seuls aussi) Rikki Serfaty et Raph Sultan, pour préparer la « suite ».
· 1961 : Il présente à la demande du F.S.J.U un programme général validé à l’unanimité devant une Assemblée Générale Extraordinaire et ainsi Il va transférer le concept crée au Maroc du D.E.J.J en l’adaptant à la situation d’urgence en France grâce a l’équipe d’exception qui viendra prendre peu à peu des fonctions en France.
· Années 60 : ‘‘Lynclair’’ assure la Direction du D.E.J.J et des Eclaireurs et Eclaireuses Israelites de France et prépare avec le staff déjà sur place la fondation du centre communautaire.
· 1963 : Nommé Commissaire Général des E.E.I.F lors du Conseil National ; il en assure la fonction jusqu’à 1965.
· 1963, c’est aussi enfin l’ouverture du Centre Communautaire du 19 boulevard Poissonnière à PARIS.
· Quelques chiffres :
En 1963, 11 centres de vacances accueillent 2 700 enfants et adolescents
En 1965 le D.E.J.J encadre plus de 6 000 jeunes avec une équipe de 550 moniteurs. Stages nationaux, forums des cadres, évolution des structures (mixité, création du programme spécifique adolescent, résolutions de la JAC, …..) le mouvement transmet les idées forces du pluralisme, de la transmission du judaïsme et met à jour le concept novateur du « Sionisme Communautaire » (cf. l’Arche n°604 p140)
· 1975 : Il crée L’OFAC (Office pour la Formation des Animateurs et Directeurs Centres de Vacances et de Loisirs) dont la première Directrice sera Rikki SERFATY.
· 1977 : Quitte la Direction du service Jeunesse et prend la direction du Fond d’Investissement Pour L’Éducation (F.I.P.E) . Il prend en charge la création d’une centaine écoles en collaboration avec le Grand Rabbin de France Samuel SIRAT.
Quelques chiffres « le nombre d’écoles créées passe de 13 à 111 » en 1987 (avec la participation d’autres fonds)
· 1988 : ‘‘Lynclair’’ crée au sein du FSJU le prix de l’Education « Edmond TENOUDJI» qui récompense chaque année des lauréats pour leur contribution à l’éducation formelle ou informelle dans la communauté.
· 1989 : il quitte ses fonctions officielles au FSJU, mais poursuit son œuvre en créant l‘Union Intercommunautaire’ qui réunit des hauts responsables communautaires. Il va initier grâce à cette équipe extraordinaire le mouvement « Ami de la francophonie en Israël » : l’Espace Francophone porté par Jean Claude Bensoussan et tous ses amis est établi désormais à Ashdod.
· Même retiré, Edgard GUEDJ continuera jusqu’à la fin de sa vie en 2007, à servir son idéal et répondre aux consultations qui lui sont formulées.
« Qu’un autre fasse ton éloge et non ta propre bouche, un étranger et non tes lèvres à toi » Chapitre 27 « Les Proverbes. »
Edgard Guedj aura toujours (je le cite) défendu « l’intérêt des causes sans l’intérêt de soi »et reçu des décorations alors qu’il n’a jamais rien réclamé dont :
- Le Prix spécial Edmond Tenoudji
- La médaille du Shin Beth
- Le Lion de Bronze des E.E.I.F
Ruth GUEDJ
DEJJ Paris
Novembre 2025