UNE VIE D’ENGAGEMENT :
DES RACINES FAMILIALES AUX FONDEMENTS DU DEJJ
J'ai grandi à Livry-Gargan, en banlieue parisienne dans une famille ashkénaze, implantée en France dans les années 30 ,très impliquée dans la communauté juive. Mes grands-parents et mes parents tenaient un atelier de tailleur pour hommes sur mesures « Simon Tailleur ». Nous habitions boulevard de la République au 19 et en face de chez nous, il y avait la yeshiva du Rav Epstein que mes père et grand-père fréquentaient.
C'est ainsi que j'ai fait ma première rencontre avec un jeune homme. Simon Bousbib, étudiant et aussi professeur au Talmud Torah dans les locaux de l'école de l'Alliance Israélite Universelle, récemment ouverte à Pavillons-sous-Bois. C'est grâce à lui que j'ai appris l'hébreu, les jeudis et dimanches matins et le DEJJ l'après-midi avec Dalila. Nous vivions les fêtes juives en live : chants en canon, jeu, kermesse, spectacles... Cette première expérience de vie communautaire a forgé toute ma vie ainsi que les rencontres et évènements extraordinaires.
En 1969, j'ai rejoint le DEJJ de Bondy, d'abord à la JAC puis aux UC comme Assistante-cadre avec Chantal Rozen et Yves Lévy, comme directeur. Ce dernier nous a amené à Paris pour créer les Unités Communautaires au foyer Martin Buber puis le REDEF comme cadre déléguée nationale et formatrice BAFA.
Avec Lucien Khalfa et Puma, nous avions formé la plus jeune équipe OFAC de France à Lamon dans les Pyrénées. Les stages nationaux ont été des moments très attendus pour nous revoir et nous former à l'éducation populaire, au judaïsme, à la vie communautaire.
La Tour de Mare 1969 avec Otarie, Rikki, Boulette, Raphaël Sultan, Esther, Puma, Willy Cohen, mais aussi Lama, Victor Malka, écrivain et journaliste, Jean Naty-Boyer, compositeur de chansons françaises et Nahum Heimann compositeur israélien...
Boltigen 1969-70 avec tous les fondateurs accompagnés des rabbins Josy Eisenberg, Emmanuel Chouchena, Daniel Gotlieb, Avi Toledano, Arie Azoulay, Lama, Henri Sabah pour les danses folkloriques et Jean Naty Boyer....
Gwatt-Thun 1970-71-72-73 avec tous les fondateurs, pour l'étude juive le philosophe Raphaël Dray, les rabbins David Messas, Emmanuel Chouchena, Jacquot Grunenwald de Tribune Juive ; des forums avec le professeur de philosophie et grand spécialiste du yiddish comme Alex Derczanski, Jacques Attali, écrivain et économiste, président du conseil des 19, Antonin Maurel, comédien et élève du mime Marceau....
Annot 1974-75 et bien d'autres.
Le rassemblement national le plus inoubliable fut Nitsavim à Jérusalem, pour Pessah, en avril 1973, avec tout le monde. Un Programme exceptionnel ! Rencontre à la mairie de Jérusalem avec Teddy Kolek. Le même jour conférence avec Abba Eban, Shimon Peres et Yitzhak Navon. Le seder avec Manitou et les 13 manières de le célébrer, même en judéo-provençal. Rencontre avec les Pantherim à Katamon à Jérusalem (mouvement de contestation sociale fondée en 1971 par de jeunes Israéliens originaires de pays arabes et du Maghreb) et avec la presse qui voulait comprendre comment le premier mouvement de jeunesse juif de France pouvait fonctionner aussi bien avec des séfarades, et quelques ashkénazes, les « vouz-vouz », comme ils nous appelaient tendrement.
Voyage d'études en mars 1974 pour encourager les copains du premier groupe Aleh Dejj parti la veille de Kippour par le dernier bateau de la Cie ZIM depuis Marseille afin de suivre le programme communautaire de préparation à la mehina d'éducateurs socio-éducatifs. Pour les rebooster nous avions même grimpé à pied Massada, au lever du jour avec l'armée et prié tous ensemble dans les vestiges de la synagogue.
Je n'oublierai jamais les manifestations organisées avec les autres, mouvements de jeunesse comme par exemple, celle avec Ben Gourion au grand Rex en 1969 ou Yom Hatsmaout en 1971 ou encore avec le Centre Communautaire, lorsque nous avions reçu à plusieurs reprises, Shimon Peres ou d'autres personnalités écrivains, forum de journalistes sur les questions du Moyen-Orient ; l'organisation et la participation aux manifestations pour les juifs d’URSS, d'Irak, la guerre de Kippour...
Les activités : au cours de l'année dans les foyers nous avions mis en place un programme éducatif basé sur les méthodes pédagogiques innovantes à l'époque et qui ont permis à de nombreux cadres de devenir professeur des écoles ou en lycée comme moi. L'exploitation du conte, des jeux, des chansons dans toutes les langues et surtout la célébration des fêtes de Hanoukah, de Pourim par le théâtre, les chorégraphies, les marionnettes, le mime... et même la production de spectacles à la salle Adyar, Rachi et aussi à l'Olympia !
Les colos et les camps :
· Château La Cave à Saint Benin d'Azy à plusieurs reprises avec les chouettes et les chauves-souris en ballet nocturne.
· Salies du Salat avec les Toulousains, les Marseillais et les Niçois : Otarie Jo Zrihen, Lucien et Joëlle Khalfa, Puma, Jean-Pierre Elbaz, Jean Maurice Dahan, Rachel Edery, Pierre-Jean Lilti, Gilbert Danan de Pau et notre célèbre chanteur et assistant sanitaire. Robert Sebbag....
· Pont Saint Esprit : adjointe de Puma ...
Je suis désolée d'avoir oublié tant de monde dans les équipes de cadres et peut-être d'avoir confondu ces deux lieux. C'étaient des équipes formidables et des jeunes qui doivent encore se rappeler tout au long de leur vie ce que nous avons essayé de leur transmettre : les valeurs universelles du judaïsme communautaire
AM ISRAËL
TORAH ISRAËL
ERETZ ISRAËL
Régine FINDLING -SCHOUKROUN
DEJJ PARIS ET NATIONAL