JE ME SOUVIENS ….VOUS ME MANQUEZ
Par Jean Alain STEINFELD
Les années 65 70 (1965 1970 précisons le siècle quand même) c'est loin mais c’est proche. Au 19 bd Poissonnière,le DEJJ accueillait une jeunesse belleviloise, joyeuse, encore bruyante de toutes les blagues et les rires de " là-bas". Parmi les cadres on était 3 potes inséparables, l'ami Jacques Rozen et moi, on était les "wouz wouz », les ashkénazes et David Dahan faisait le 3ème en mode' "schwarz". David a fait son Alyah très religieuse et on s'est perdus de vue, Jacques et moi continuons de nous parler par nos antennes, et quand tout le monde s'est inséré, boulot, famille, enfants etc, nous les Achkénazes sommes partis et ... on a fait comme eux ,maison, mariage et enfants.
Boltigen, La Tour de mare etc, ces "colos" du DEJJ ou la crème du rabbinat Français : Eisenberg, Manitou / Achkenazi, Gottlieb, Lemell , Pachter etc, nous frottaient à la pensée juive et à notre identité. Au-dessus de ces jeunes tunisiens une équipe de seniors largement marocaine autour du charismatique Lynclair, un peu gourou mais si abordable, communicatif autour de son projet d'un mouvement ou on pouvait être entre juifs de gauche ou de droite, croyants ou incroyants etc. librement et j'allais dire « à la carte " et "sur mesure".
De ces colos j'ai encore les chansons de Berrebi « à Boltigen" dans les cars dignes de Mash ou de de Simon et Garfunkel. Heureuses années au 19 où la famille Elalouf faisait tourner une vie culturelle intense, avec doigté et autorité, et régulièrement des soirées dansantes permettaient à celles et ceux qui n’avaient pas encore trouvé chaussure à leur pied de faire famille juive.
Les sandwichs tunisiens de Douieb, la citronnade, les complets mulet que nous servaient les mères des membres. Un parfum que la fermeture récente de la Boule Rouge envoie dans la nostalgie des paradis perdus.
Dollar, les frères Tuil, Richard Cohen, Yves Rouas, les sœurs Dahdi et Bloch, vous me manquez. Merci à Jocelyne et Jacques de m'avoir relancé.
J'ai retrouvé un peu les Nataf, d'autant que Madame Nataf s'occupe des dons à l'OSE , cause qui m’est chère ,comme elle fut chère à ma mère juste au sortir de la guerre.
J'ai retrouvé Claude Sitbon mon madrih , qui en Israël fait œuvre de mémoire des photos du judaïsme tunisien, tout en cultivant le souvenir pieusement de son ami Shimon Peres.
Je me souviens ..
Je vous embrasse
Vous me manquez
Jean Alain STEINFELD
DEJJ PARIS